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Interview posthume avec Milton Friedman au sujet des récentes assises de la fiscalité

Lhoussein Baouzil
2019 / 5 / 18

En vue de jeter un coup d’œil sur les travaux des assises de la fiscalité organisées durant les 3 et 4 du mois de mai 2019 par le ministère de l’économie et des finances, nous avons jugé opportun de faire appel ou plutôt de convoquer de sa demeure éternelle, l’économiste américain Milton Friedman afin de l’interroger sur les différents débats ainsi que sur les conclusions et les recommandations de ces assisses qui se sont assignées, rappelons-le, l’objectif de l’équité fiscale. Il est attendu des participants dans ces assises de trouver des mécanismes susceptibles d’élargir les recettes de l’Etat tout en instaurant plus d’équité, et ce pour faire de la politique fiscale un levier de développement par la mise en œuvre d’un système fiscal efficace et juste. Il s’agit, selon les organisateurs, de mettre la fiscalité en faveur de l’encouragement de la création de la valeur ajoutée, la véritable source permanente des recettes fiscales.

Mr contribuable : Mr Milton Friedman, je suis persuadé que vous n’avez pas raté de suivre de très près le déroulement des travaux de ces assises dont le comité scientifique a été --dir--igé par l’économiste marocain Mohamed Berrada que vous connaissez certainement !

Mr Friedman : à vrai --dir--e, je n’ai pas eu le temps de suivre tous les débats, vous savez durant la période des assises j’avais une houleuse discussion avec Keynes au sujet de sa vision du rôle de l’Etat et l’impact destructeur de sa pensée sur la prospérité des êtres humains sur la Terre --;-- mais j’ai lu quelques apports qu’on pourrait considérer par leurs contenus utopistes fidèles à ce que je reproche à mon ami Keynes. Quant au président du comité scientifique, je le connais bien, d’ailleurs c’était votre ministre des finances qui a mis en application les programmes d’ajustement structurels durant les années 1980 du siècle précédent. Son encadrement des assises était illuminant, toutefois j’ai constaté en écoutant son discours que j’avais du mal à le situer. Probablement, il n’est plus fidèle aux enseignements de la théorie néolibérale qui étaient le socle des programmes d’ajustement structurel qu’il a parfaitement mis en exécution lors de son mandat ministériel. J’espère que lui aussi n’est pas atteint de la "malédiction keynésienne" pour se ranger du côté de ceux qui croient que le gouvernement qui spolie l’argent des contribuables n’a de préoccupation que le bien être de ces derniers. Les impôts sont en réalité des vols commis par le gouvernement sous la houlette du bonheur pour tous alors que dans le monde réel nous constatons que de plus en plus d’individus sont dans la précarité et la souffrance. Ce que vous vole le gouvernement profite seulement aux membres de ce dernier et aux groupes puissants qui le soutiennent. Regardez bien le cas de votre pays, il est extrêmement illustratif, depuis l’indépendance vos gouvernements vous volent de l’argent et pourtant votre système éducatif est en faillite, la santé est en phase de basculer vers le charlatanisme, la culture n’est plus, le chômage ne fait plus honte, les liens sociaux en dissolution permanente ….

Mr contribuable : je vois bien Mr Friedman que votre séjour dans l’autre monde n’a pas réussi à changer votre vision en matière du rôle de l’Etat ! Mais je vous demande d’avoir l’amabilité de bien vouloir restreindre notre conversation à la problématique de la fiscalité --;-- qu’est-ce que vous pensez de notre système fiscal ?

Mr Friedman : je crois que ce que j’ai dit en haut est en relation avec la fiscalité, n’est-ce pas ? D’ailleurs, quand je parle du vol gouvernemental, je vise les prélèvements fiscaux. Votre système fiscal est des plus injustes au monde que j’avais laissé derrière moi. Il suffit de voir que 73% de l’IR est payé par les salariés ! Aussi, il m’est rapporté par un de vos concitoyen qui vient d’atterrir dans ce monde des mortels que 90% de l’IS est payé par seulement moins de 2% des entreprises ! Voilà pourquoi j’ai entamé ma conversation avec toi en évoquant la pensée de Keynes instrumentalisée par les gouvernements pour vous voler de l’argent sous prétexte de réaliser votre bonheur. Vos gouvernements successifs n’ont même pas pu mettre en place un système fiscal qui soumit les citoyens aux mêmes exigences, et maintenant l’actuel exécutif vous demande de serrer de nouveau les ceintures et payer plus pare ce que cette fois-ci, il s’engage à tout mettre en œuvre pour atteindre l’objectif de l’équité fiscale ! Pauvres marocains, il s’agit encore une fois d’une nouvelle tentative de vol commercialisée à travers des discours beaux et élégants, mais qui ne contiennent aucune recommandation sur la reddition des comptes. Comment peut-on mettre en place un nouveau système fiscal sans demander des comptes aux responsables ayant conduit le système actuel ?

Mr contribuable : je crois Mr Friedman, que vous avez raté d’entendre qu’au Maroc on a inventé un nouveau concept managérial que les grandes universités ont repris pour l’intégrer dans leurs programmes de formation, il s’agit du concept de "Aafa Allahu Aamma Salaf" (Dieu pardonne les gaffes du passé).

Mr Friedman : quoi ? Je vois que je vais vous demander de me laisser un laps de temps pour me renseigner sur le contenu de ce concept auprès de Marx, je le vois passant devant moi.

Mr contribuable : je nous vous conseille ni Marx ni autre penseur occidental --;-- ils ne comprendront rien à ce concept, je vous conseille de voir plutôt un poète arabe que vous n’avez certainement pas entendu auparavant, mais qui est très célèbre chez nous ! Sa célébrité est due particulièrement à sa capacité à décrire parfaitement la souffrance des humains. J’aurais aimé vous --dir--iger vers le plus célèbre poète des poètes arabes que vous connaissez certainement, en l’occurrence Al-Moutanabbi, mais j’ai peur car, il est l’homme qui pourra --dir--e la chose et son contraire et qui pourra glorifier une personne le matin et le dénigrer le soir. Je ne risquerais pas à vous le recommander par crainte de le voir vous conduire dans son monde de gloire imaginaire qui ne s’est jamais concrétisée en dehors de ses glorieux vers. Par contre, celui que je vais vous suggérer demeure le seul qui pourra vous donner une explication approximative de ce concept qui relève à mon sens du domaine réservé aux divinités et que les hommes ne devraient pas s’y rapprocher. Appelez le poète Abul ‘Ala-Ma’arri, c’est le seul qui pourra vous expliquer ce concept --;-- lui qui a écrit que les hommes préfèrent la légèreté au sérieux, en invoquant la tendance des humains à vouloir délaisser les principes de base d’une vie juste et harmonieuse au profit des désirs infondés qui ne peuvent se réaliser que par l’exploitation des masses par une minorité sans âme. C’était notre Marx qui a vécu des drames moraux et physiques, mais qui n’a jamais abandonné la défense de la dignité humaine submergée par la douleur généralement provoquée par ceux qui prétendent travailler pour le bonheur de tous.


Mr contribuable : en l’écoutant, vous allez, Mr Friedman, comprendre l’état d’esprit qui a conduit l’un des notre (un responsable) à inventer le concept cité en haut. Notre poète vous --dir--a qu’il s’agit d’une amnésie fiscale, mais en réalité cette explication n’est qu’approximative car le concept inventé englobe un contenu dépassant largement le seul aspect fiscal de l’amnésie. Je vous laisse du temps pour le retrouver avant de continuer notre discussion qui, je le constate fort-bien, s’éloigne de plus en plus du vif de notre sujet.

Mr Friedman : je reviendrai en toi dès que je le retrouve.

Mr contribuable : vous voici de retour, Mr Friedman, j’espère rentrer dans le vif du sujet pour essayer de comprendre les mécanismes du nouveau système fiscal qui régira notre avenir pour de longues années. Avant tout débat, je propose de rappeler les dix principales recommandations issues de ces assises telles qu’elles sont explicitées par le ministre des finances :
- Réaménager le barème de l’IR au fur et à mesure de l’élargissement de son assiette --;--
- L’amélioration de la part de l’IR professionnel pour soutenir nos concitoyens à bas revenu et les classes moyennes --;--
- Consacrer définitivement la neutralité de la TVA par la suppression de l’effet du butoir --;--
- Augmenter le taux marginal des activités économiques protégées.
- Normaliser les régimes préférentiels appliqués à l’export, aux zones franches et à la Casa Finance City --;--
- Abandonner la cotisation minimale en fonction du retour à la conformité des déficitaires chroniques --;--
- Simplifier la fiscalité locale et harmoniser ses bases d’imposition et ses procédures avec la fiscalité de l’Etat, notamment pour la taxe professionnelle pour enlever tout frottement à l’investissement, et intégrer la fiscalité de l’Etat, la fiscalité locale et la parafiscalité dans un seul code général des impôts --;--
- Renforcer les droits des contribuables dans un souci d’équilibre entre les droits et les obligations --;--
- Consolider l’effort de modernisation de l’administration fiscale par le parachèvement de la dématérialisation, la professionnalisation des métiers et la promotion des valeurs d’éthique et de transparence --;--
- Prise en considération de la demande de baisse du taux marginal de l’IS pour certains secteurs afin de dynamiser la création d’emplois et favoriser l’innovation.

Mr contribuable : que pensez-vous de ces recommandations, Mr Friedman?

Mr Friedman : pour être franc avec toi, je te dis qu’à travers ces recommandations votre gouvernement vient "d’annoncer ses couleurs" : il vous taxera de plus ?

Mr contribuable : comment cela Mr Friedman ? Peut-être que vous n’avez pas bien lu les recommandations ?

Mr Friedman : mais si --;-- toutes les recommandations sont des programmes qui nécessitent du financement pour leur réalisation, qui supportera ce coût financier ? En plus de leur coût, elles ont étés formulées de façon imprécise --;-- comment vous allez par la suite évaluer des idées générales ?

Mr contribuable : mais le gouvernement s’engage à élargir l’assiette pour faire baisser les taux d’imposition, est-ce encore une manœuvre ?

Mr Friedman : vous avez utilisez le mot exact, il s’agit bien d’une manouvre.

Mr contribuable : comment ?

Mr Friedman : quand le gouvernement examine le problème de la fiscalité, tout ce qui retient son intérêt est de voir comment augmenter ses recettes fiscales pour faire face à la recrudescence de ses dépenses.

Mr contribuable : juste, Mr Friedman, car à travers ces dépenses, il ne fait que satisfaire nos besoins, n’est-ce pas ?

Mr Friedman : satisfaire vos besoins ! Laisse-moi vous expliquer de quoi il s’agit véritablement :

A suivre








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